Le téléphone portable comme le tabac…

Une vingtaine de scientifiques internationaux (notamment des cancérologues) ont signé un appel invitant les utilisateurs de téléphones portables à la prudence, en s’inquiétant notamment des risques d’usage intensif de ces appareils sur le tissu cérébral. Car, selon eux, l’exposition à long terme à nos portables favoriserait l’apparition de cancers. L’appel va loin en décommandant complètement l’utilisation du portable aux enfants de moins de 12 ans.

L’appel des cancérologues alimentera sans doute davantage la controverse sur la question des dangers du portable (et d’une manière générale des réseaux électromagnétiques comme le wifi aussi) pour la santé humaine. Notons par exemple qu’un rapport de l’OMS de 2005 souligne que « les études épidémiologiques n’ont pas permis d’établir de manière convaincante un lien entre l’utilisation du téléphone portable et un risque accru de cancer ou d’autre maladie ». On est donc encore loin d’un consensus scientifique.

Mais cette controverse rappelle à bien des égards celle sur le tabac qui a duré plus d’un quart de siècle, nourrie par des avis et des études donc la plupart furent loin d’être scientifiquement honnêtes (comme l’on montré plus tard de nombreux documentaires et films), du fait des lourds enjeux financiers pour les firmes de tabac. Il aura fallu des dizaines d’années et des millions de morts et de malades pour admettre une évidence qui aurait pu (et dû) être établie dès les années 70 : le tabac tue !

Si je devais donc ajouter quelques mots à l’appel des scientifiques, j’inviterai les dirigeants nationaux et internationaux à éviter de reproduire les errements de nos sociétés face au tabac :
  • en mettant tout en œuvre pour que les chercheurs puissent parvenir le plus rapidement possible à consensus scientifique sur l’impact des téléphones portables sur la santé humaine ;
  • et surtout, en garantissant absolument l’indépendance des recherches, car on pointe déjà du doigt une corrélation plutôt problématique entre les résultats de certaines études et leurs sources de financements. C’est ainsi qu’une équipe de chercheurs suisses de l’université de Berne a montré, en 2007, que les résultats des recherches sur l’effet biologique des téléphones portables sont biaisés par leurs financements ; « les études qui ont été financées par les industriels (20 % du total), ont tendance à montrer que les radiofréquences n’ont pas d’effets biologiques sur l’homme, tandis que celles qui ont été financées par des fonds publics (19 % du total) ont tendance à en trouver ». (rapporté dans le journal le Figaro du 22 janvier 2007).

En attendant la fin de la controverse, n’oublions pas le principe de précaution adopté lors du Sommet de la Terre de RIO en 1992 : l’absence de consensus scientifique ne devrait pas empêcher l’adoption de mesures visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles. Dans cet esprit, adoptez les recommandations suivantes formulées par les auteurs de l’appel :

1. N’autorisez pas les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d’urgence. En effet, les organes en développement (du foetus ou de l’enfant) sont les plus sensibles à l’influence possible de l’exposition aux champs électromagnétiques.
2. Lors de vos communications, essayez autant que possible de maintenir le téléphone à plus d’1 m du corps (l’amplitude du champ baisse de quatre fois à 10 cm, et elle est cinquante fois inférieure à 1 m de distance).
Dès que possible, utilisez le mode « haut-parleur », ou un kit mains libres équipé d’un tube à air dans ses derniers 20 cm qui semble moins conduire les ondes électromagnétiques qu’un kit mains libres filliaire traditionnel, ou une oreillette bluetooth (moins d’1/100e de l’émission électromagnétique du téléphone en moyenne).
3. Restez à plus d’un mètre de distance d’une personne en communication, et évitez d’utiliser votre téléphone portable dans des lieux publics comme le métro, le train ou le bus où vous exposez passivement vos voisins proches au champ électromagnétique de votre appareil.
4. Evitez le plus possible de porter un téléphone mobile sur vous, même en veille. Ne pas le laisser à proximité de votre corps la nuit (sous l’oreiller ou sur la table de nuit) et particulièrement dans le cas des femmes enceintes – ou alors le mettre en mode « avion » ou « hors ligne/off line » qui a l’effet de couper les émissions électromagnétiques.
5. Si vous devez le porter sur vous, assurez vous que la face « clavier » soit dirigée vers votre corps et la face « antenne » (puissance maximale du champ) vers l’extérieur.
6. N’utilisez votre téléphone portable que pour établir le contact ou pour des conversations de quelques minutes seulement (les effets biologiques sont directement liés à la durée d’exposition). Il est préférable de rappeler ensuite d’un téléphone fixe filaire (et non d’un téléphone sans fil qui utilise une technologie à micro-ondes apparentée à celle des portables).
7. Quand vous utilisez votre téléphone portable, changez de côté régulièrement, et avant de mettre le téléphone portable contre l’oreille, attendez que votre correspondant ait décroché (baisse de la puissance du champ électromagnétique émis).
8. Evitez d’utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides comme en voiture ou en train (augmentation maximale et automatique de la puissance lors des tentatives de raccordement à une nouvelle antenne relais ou à une antenne distante)
9. Communiquez par SMS plutôt que par téléphone (limite la durée d’exposition et la proximité du corps).
10. Choisissez un appareil avec le DAS le plus bas possible par rapport à vos besoins (le « Débit d’Absorption Spécifique » mesure la puissance absorbée par le corps). Un classement des DAS des téléphones contemporains des différents fabricants est disponible sur www.guerir.fr et d’autres sites internet.

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Commentaires

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Mbakou16 octobre 2008 à

Une étude relayée par le site <a href=”http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/etude-interphone-le-telephone-portable-serait-peut-etre-cancerigene_17055/”>Futura sciences</a> confirme qu’il existe un risque notablement accru de développer certains cancers, particulièrement le gliome, chez les utilisateurs intensifs de téléphone portable.

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