Le coltan du sang (« Blood coltran »)

Pour réaliser certains composants électroniques utilisés dans la fabrication des téléphones portables, des ordinateurs, des caméras vidéos mais aussi des systèmes hautement spécialisés comme les satellites et les réacteurs, on utilise un minerai plutôt rare et précieux (ce qui lui vaut le nom d’or gris) : le coltan. Pour certains de ces produits technologiques il n’existe pas d’alternative au tantale extrait du coltan, en particulier pour les appareils de communication sans fil en plein essor. Un reportage de Radio-Canada rapporte qu’en 2000 une pénurie mondiale de tantale empêcha la firme japonaise Sony de fabriquer sa plate-forme de jeu vidéo Play Station 2 en quantité suffisante pour satisfaire la demande.

L’Afrique, à elle seule, posséderait 80 % de ce minerai, réparti notamment dans la zone des grands lacs (les deux Congo – d’où viendrait d’ailleurs le mot coltan – ayant plus de ¾ des réserves africaines). L’Europe et les Etats-Unis principaux consommateurs du coltan n’en détiennent (contrairement au pétrole ou au gaz) aucune réserve. Le rôle clé du coltan dans les secteurs économiques les plus florissants au monde depuis une quinzaine d’années, qui génèrent des chiffres d’affaires astronomiques (des centaines de milliards de dollars par an), aurait donc pu permettre aux pays africains producteurs de peser sur les marchés parmi les plus stratégiques et juteux de planète et de disposer d’une source de revenus importante pour leurs économies. Mais comme toujours en Afrique, ce minerai sème plus de désolation que de valeur ajoutée économique et sociale.

Une enquête diffusée récemment sur Canal + s’est intéressée à la production et au commerce du coltan au Congo (RDC). Elle montre que l’exploitation, faite de manière artisanale, emploie des adolescents qui travaillent sans aucune sécurité, alors que le minerai est radioactif (il contient l’uranium à petites doses). De plus, elle se fait essentiellement dans les zones de guerre, en particulier celles tenues par les rebelles. Ces derniers sont les véritables bénéficiaires de l’envolée des prix du coltan au cours de ces dernières années, consécutive à l’explosion de la téléphonie mobile (plus de 3 milliards de mobiles fonctionneraient dans le monde). Ce qui, comme les diamants du Libéra, leur permet de financer la guerre, une guerre qui dure depuis une dizaine d’années et qui a causé la mort de plus de trois millions de personnes, des atrocités qualifiées de véritables crimes contre l’humanité, la dévastation des écosystèmes forestiers et certains animaux comme les gorilles. Pour certains analystes, le coltan serait l’un des enjeux de la régionalisation du conflit du Congo avec l’implication des pays comme le Rwanda et l’Ouganda.

Vivement que des mécanismes internationaux effectifs se mettent en place pour contrôler la production et la commercialisation du coltan au Congo, que « nous touchons » d’une certaine manière à travers nos portables ou nos ordinateurs, afin qu’il ne devienne pas le « coltan du sang » comme les « diamants du sang » (« blood diamonds ») du Liberia et de la Sierra Léone ! Et que quelques uns d’entre nous, acquéreurs ou utilisateurs de téléphones mobiles, ne se sentent pas indirectement complices du commerce d’un minerai qui finance encore la mort au Congo.

Lire l’excellence enquête « La route commerciale du coltan congolais : une enquête » du GRAMA (Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique) : http://www.unites.uqam.ca/grama/pdf/Martineau_coltan.pdf

Dans la même Catégorie

Commentaires

9 Commentaires

Comments (9)

DELTHIL Jean-Marie4 décembre 2008 à

Un organisme de contrôle international qui puisse aller voir du côté des Grands Lacs au sujet du coltran… ce pourrait être un bon moyen de voir la paix revenir dans cette région et que s’établisse enfin un avenir digne de ce nom.

Jim Shabaka DJUNGA18 février 2009 à

Les multinationales doivent accepter de payer le vrai prix à la RDC au peuple Congolais et non aux bandits qui volent, violent et massacrent le peuple Congolais pour accéder au minerai par des pays voisins, rwanda entête et son président.
Trop d’hypocrisie. Seul l’homme congolais est à même de solutionner le probleme. ASSEZ DE GENOCIDE. 6 millions de morts ça suffit.

alonsious michel9 juin 2009 à

Bonjour,

Bel article, c’est une véritable honte, pour notre civilation.

Je m’engage à faire attention, dès maintenant à l’utisisation du gsm et ordi.

Bien à vous.

Alonsious Michel

klamat21 mai 2010 à

Et comment ?
C’est un peu comme si on s’engageait a ne pas utiliser du carburant Nigerian parce que le petrole fait des ravages au Nigeria !

ndjamus14 janvier 2011 à

hélas je crois que le coltan du sang est déjà là
http://www.javafilms.fr/spip.php?article8

ngongang9 août 2011 à

j’aimerai avoir les information sur le coltan et sa valeur mondial et aussi le contact des acheteurs voici mon numéro de tel ;00237 94 10 19 30

SIDIBE DRAMANE24 février 2012 à

BONJOUR JE ME NOMME SIDIBE DRAMANE JE VIS EN COTE DIVOIRE J AI DECOUVRIR DU COLTAN DANS MON CHAMPS D HEVEA J AI EXPLOITE BEAUCOUP .J AI FAIT DES ANALISE A LA SODEMI ABIDJAN APRES LES RESULTAT CEST DU TRES BONNE COLTAN CONTACTEZ MOI +22505465678 OU +22501031016 JE CHERCHE QUELQU UN QUI PEUX ACHETER MERCI

Amina16 août 2013 à

Amina

Le coltan du sang est déjà là, malheureusement le gouvernement congolais seul à pouvoir mettre fin à cela, n a pas les gouvernants qu’il lui faut.

Au secours à la conscience collective.

Max kangela17 avril 2014 à

Oui,tout le monde a du sang dans sa poche!!!! Mai’s pour ne plus proliferer le sang que les grandes societes minieres viennent exploiter le colt ant au congo au lieu de continuer a tuer,violer
Et utiliser les miners!!! Ceci mettrait fin a tous des seigneurs de Guerre!!! Ceca aider le congo!!!!

Réagir à l'article

Votre commentaire