Nos ordinateurs ont un coût écologique

Est-il besoin de faire un discours sur l’utilité de l’ordinateur en 2007 ? Peut être pour insister sur son utilité socioculturelle ou politique, le formidable moyen d’expression qu’il représente désormais pour chacun d’entre nous, le contre-pouvoir qu’il n’est plus que potentiellement, mais de plus en plus effectivement face aux médias traditionnels. Le petit citoyen du monde que je suis, vivant dans un pays qui ne compte pas grand-chose sur la scène internationale a, avec ce blog, la chance extraordinaire de parler en toute liberté et autant qu’il est inspiré à des milliers de gens de nombreux pays (si je m’en tiens aux statistiques de connexion), qui peuvent eux aussi prendre la parole ici en réagissant (commentaires). Je n’aurai probablement jamais eu cette opportunité sans cet ordinateur connecté à Internet.

J’aurai également aimé m’arrêter sur cette note optimiste, mais à la suite de la publication, début avril, du Guide pour une high-tech responsable de Greenpeace, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que, malgré tout ce qu’il a apporté aux sociétés humaines, en moins de 75 ans seulement d’existence, l’ordinateur, n’échappe pas à cette sorte de fatalité qui veut que même nos intentions et actions les plus généreuses, qui ont inspiré découvertes et inventions décisives pour l’humanité, aient leur revers. Le « revers écologique » de l’ordinateur, son coût environnemental, a été rappelé il y a quelques années dans un ouvrage de référence « Computer and the environment : Understanding and managing their impacts » de deux chercheurs, Eric Williams et Ruediger Kuehr, de l’université des Nations unies. Cet ouvrage nous apprend qu’un ordinateur standard de 24 kg a nécessité 1,8 tonne de matériaux dont 240 kg d’énergie fossile (ce qui correspond à 312 litres de pétrole environ et représente 10 fois le poids de l’ordinateur), 22 kg de produits chimiques et 1500 litres d’eau (soit près d’un semestre de consommation d’eau d’un éthiopien). En combinant le coût énergétique de leur fabrication à celui d’une durée d’utilisation moyenne de trois ans, les deux chercheurs arrivent à la conclusion que l’ensemble des ordinateurs du monde consomment autant d’électricité que le Brésil et ses 190 millions d’habitants. A cela s’ajoutent la pollution due aux substances chimiques comme le mercure ou le plomb utilisées pour la fabrication des composants, ainsi que les risques sanitaires liés à ces substances.

Les constructeurs de matériels ont une responsabilité de premier ordre dans la gestion de ce problème, car, à terme, les réponses à mettre en œuvre et les efforts à réaliser pour le résoudre sont d’ordre technologique, industriel et commercial. Ils vont de l’élimination de certains matériaux toxiques dans la fabrication des composants (dépollution à la source ou éco-conception) à la mise en place de services de reprise et de recyclage dans les pays où sont commercialisés les matériels informatiques. C’est ce qui a conduit Greenpeace à publier annuellement un classement des entreprises de la High-tech qui note les bons et les mauvais élèves en matière écologique. Indexé en cette année, Apple est accusé par l’ONG internationale de manquer de transparence dans sa politique d’utilisation des substances toxiques et de gestion des déchets.

Cependant, même si les constructeurs sont interpellés au premier chef (évidement les gouvernements aussi qui doivent élaborer les normes et les faire appliquer), n’oublions pas que nous sommes tous, chacun dans espace personnel, dans « sa part du monde », partie prenante dans la résolution de la crise écologique majeure qui menace notre planète et la vie. Renversons la célèbre métaphore de l’effet papillon (le battement d’ailes d’un papillon au Brésil qui provoque une tornade au Japon) pour dire que les gestes écologiques simples que nous pouvons faire dans notre environnement immédiat valent leur pesant d’or dans la préservation ou la réparation de l’environnement mondial. Ne les sous-estimons pas ! Pour les utilisateurs d’ordinateurs, il y a des gestes, des habitudes pouvant contribuer à réduire les effets nocifs de l’ordinateur sur l’environnement. Je vous invite à adopter ces quelques gestes que j’ai recencés sur Internet.

  • Acheter des matériels (ordinateurs, scanners, imprimantes, etc.) dotés d’économiseurs d’énergie (notamment ceux labelisés « Energy Star » ou TCO) ; ils réduisent la consommation de l’énergie de plus de 20%.
  • Préférer les écrans plats à cristaux liquides qui consomment 60 % d’énergie en moins que les écrans à tube cathodique.
  • Eteindre et débrancher systématiquement l’ordinateur lorsqu’on arrête de travailler car, certains appareils électroniques même éteints continuent à consommer de l’énergie s’ils sont maintenus branchés.
  • Mettre l’ordinateur en veille prolongée lorsqu’on ne travaille pas pendant une dizaine de minutes.
  • Conserver les appareils le plus longtemps possible, en augmentant si nécessaire leurs capacités (taille de la mémoire, du disque dur, etc.) ou faire don de ceux-ci à des associations ou à des écoles lorsque l’on voudrait acheter les plus performants
  • Passer si possible par des recycleurs pour vous débarrasser des matériels en panne, cela évitera de polluer l’environnement et d’exposer des personnes qui peuvent être en contact avec les substances dangereuses des déchets issus de ces matériels.

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Commentaires

1 Commentaire

Comments (1)

anargratos16 juin 2009 à

Assez avec les eco-taxes… L’ecologie, ce n’est pas toujours plus de pognon, mais la réduction du gaspillage, et une société qui ne se tourne plus seulement vers le profit immédiat.
Borloo et les autres “découvreurs écolo” soutiennent un monde danss lequel on change de portable tous les 8 mois, de voiture tous les 5 ans (avec du necro carburant, cela va de soi)..Toujours plus en somme.

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