« Maintenant, le G8 comprend le Brésil »… Et l’Afrique ?

Une révision du produit intérieur brut (PIB) du Brésil pour l’année 2006 montre qu’il dépasse les 1000 milliards de dollars : huitième économie mondiale avec ce chiffre, le Brésil se rapproche désormais … de la France (en septième place) ; le ministre Brésilien des finances s’est fièrement réjoui, alors qu’il annonçait le PIB le 21 mars dernier, de ce que son pays talonnait la France. “Maintenant, le G8 comprend le Brésil” s’est-il écrié. Même si ces chiffres ne traduisent pas encore des avancées décisives par rapport aux difficultés sociales considérables dans ce pays (éducation, jeunesse, sécurité, etc.), ils montrent néanmoins qu’une dynamique d’émergence y est en cours, comme la Chine et l’Inde, et avant eux la Corée du Sud, Taiwan, Singapour, etc. Ces exemples montrent que le sous-développement n’est pas une fatalité et que malgré les injustices incontestables du système économique mondial, la marche des peuples contre la pauvreté, leur aspiration au progrès, leur rêve de bien être se transforment en réalité, dès lors qu’ils s’efforcent, eux-mêmes, d’enclencher et de maintenir de générations en générations l’effort de construction de cette réalité. Comme le disait Axelle Kabou dans son livre « Et si l’Afrique refusait le développement ? », tout peuple est en premier et en dernier ressort responsable de son histoire. Ni les chancelleries occidentales, ni la Banque mondiale et le FMI n’ont décrété à moment donné que la Chine serait en 2006 la 4e économie mondiale, que le Brésil dépasserait le Canada, que les grandes entreprises américaines ou britanniques de high-tech seraient dès la fin des années 90 à la chasse des ingénieurs indiens.

La question fondamentale, presque existentielle, qui taraude l’esprit de l’africain que je suis, c’est comment expliquer que des pays comme la Corée du Sud, qui, il y a 40 ans seulement (40 ans c’est-à-dire pas grand-chose sur l’échelle de l’histoire !), alignaient le même PIB que le Congo (ex-Zaire – un pays doté d’un potentiel naturel inouï), accordent aujourd’hui des prêts aux Etats africains pour construire des écoles, des routes et des hôpitaux ? Que ces pays souvent dépourvus de matières premières atteignent aujourd’hui le niveau de développement scientifique, technologique et économique des pays occidentaux, dont on disait vers les années 60 qu’ils avaient des centaines d’années d’avance sur les autres ?

Je me rappelle la tentative de vente de l’entreprise française Thomson Multimédia (« une perle de la technologie française » comme disaient certains) au sud-coréen Dawoo qui se transforma, en 1996, en une affaire nationale en France. Je ne m’intéressais pas au débat politico-industriel qui secoua le microcosme politique français, mais plutôt au fait qu’une entreprise d’un pays que l’on classait trente ans plus tôt derrière certains pays africains dans l’analyse du potentiel de développement des pays sous-développés, était capable de reprendre le fleuron technologique d’une des premières nations industrialisées du monde. Alors, en regardant la situation actuelle de l’Afrique je ne peux m’empêcher de me demander “What Went Wrong” ((comme disent les anglophones) ?

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