Les e-déchets : le détour de l’Afrique

Les déchets issus des innombrables équipements électroniques qui meublent notre cadre de vie (ordinateurs, écrans, téléphones portables, lecteurs MP3, etc.) s’évaluent désormais à des dizaines de millions de tonnes par an et représentent plus de 5% des ordures municipales selon l’ONU, qui vient de lancer un programme mondial appelé StEP (Solving the E-Waste Problem, résoudre le problème des déchets électroniques). En 2006, les pays de l’Union Européenne ont produit plus de six millions de tonnes de déchets électroniques (e-déchets) ; aux Etats-Unis entre 14 et 20 millions d’ordinateurs sont jetés aux ordures chaque année. La situation devrait empirer dans les années à venir : le volume des e-déchets est celui qui connaît la plus forte croissance, tirée par la frénésie ambiante pour les produits High-tech.

Le problème posé par les e-déchets serait moins grave s’il n’était que d’ordre volumétrique ou quantitatif. Mais les composants électroniques qui sont utilisés dans ces équipements sont constitués de produits toxiques, polluants pour l’environnement et dangereux pour la santé. Les produits comme le mercure, le cadmium, le plomb, et autres métaux lourds sont de véritables poisons pour l’environnement (air, sols, nappes phréatiques) et les personnes qui entrent en contact avec eux. Ainsi par exemple, le plomb et le mercure que l’on trouve dans le microprocesseurs, peuvent avoir des effets nocifs sur le cerveau et le système nerveux et sont particulièrement dangereux pour les femmes enceintes et les jeunes enfants. Dans les pays développés, on essaie de traiter ce problème par des mesures juridiques et un effort technologique : adoption d’une directive sur les déchets des équipements électriques et électroniques (DEEE) en Europe ; interdiction de certains déchets électroniques dans les décharges dans certains Etats américains, etc.

Mais malheureusement, et comme c’est souvent le cas, la solution des pays riches à ce genre de problèmes prend souvent aussi le détour de la Chine, de l’Inde ou des pays africains (rappelez vous l’affaire des fûts des déchets radioactifs en Somalie, ou celle plus récente des déchets toxiques provenant d’Europe et déversés dans les décharges d’Abidjan, entraînant 7 morts et 37 000 consultations). C’est ainsi que l’Afrique devient un dépotoir des e-déchets : selon Basel Action Network (BAN), une ONG internationale qui lutte contre le commerce et le trafic des matières toxiques (ce qu’elle appelle « commerce toxique »), 400 000 ordinateurs et écrans usagés, en divers états et de tous âges, entrent au Nigeria chaque mois. Sous le prétexte des dons, des milliers d’ordinateurs obsolètes sont déversés dans des pays qui ne disposent pourtant d’aucune capacité de recyclage (dont la maîtrise reste complexe sur le plan technologique). Lorsque qu’une amie responsable d’une association féminine au Cameroun (dont le RIDDAC assure l’hébergement du site) m’appela il y a deux ans pour l’aider à installer des ordinateurs qu’elle venait de recevoir d’un don, grande furent notre surprise et notre déception de constater que sur les 8 ordinateurs reçus, un seul (qui était par ailleurs une machine IBM des années 80) démarrait !

Il devient donc urgent d’appeler les africains à une prise de conscience sur les risques environnementaux et sanitaires des e-déchets, en rappelant par ailleurs qu’il existe une convention internationale (la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination), qui s’applique à ce type de déchets.

Quelques liens intéressants au sujet des déchets électroniques :

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Commentaires

2 Commentaires

Comments (2)

Laurent4 novembre 2008 à

Nous sommes une association qui recycle les produits informatiques, de manière propre, avec des partenaires partout en France (PME, associations, communes …).
Contactez nous si vous avez des déchets informatiques sur maexis.l@orange.fr.
Merci

Tolno saa pascal29 avril 2014 à

je suis un jeune Maintenancier en Informatique en Guinée mon pays traverse une crise dans le domaine Informatique ou tous les outils Informatique coute chers donc ma vocation est de travailler avec toutes personnes qui souhaiterais intéresser pour qu’on puisse travailler ensemble.

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