Aller d’un quartier à l’autre de Yaoundé en passant par Paris

Ceux qui ont des connaissances en réseaux informatiques ont sans doute déjà utilisé une commande qu’on appelle tracerouteW. Elle sert à montrer l’itinéraire que votre ordinateur emprunte pour arriver sur le serveur où se trouve la page web que vous avez demandée. Depuis mon ordinateur chez moi à Yaoundé, je me suis amusé à taper le tracerouteW de plusieurs sites officiels dont www.spm.gov.cm (le site web officiel des services du Premier ministre, hébergé sur un serveur qui se trouve dans ces services à Yaoundé également). Voici ce que j’obtiens comme réponse :
traceroute to www.spm.gov.cm (195.24.203.47), 30 hops max, 40 byte packets
1 ymsc-bras-1.cm.mtnns.net (41.205.0.122) 10.061 ms 25.864 ms 31.426 ms
2 41.205.0.210 (41.205.0.210) 15.135 ms 19.816 ms 36.513 ms
3 ny-tpr-1–ny-cr-1-a.us.mtnns.net (209.212.127.129) 301.693 ms 306.785 ms 328.225 ms
4 274.ge-1-3-8.mpr2.lga5.us.above.net (208.185.41.243) 333.791 ms 339.795 ms 344.038 ms
5 xe-0-1-0.er2.lga5.us.above.net (64.125.27.65) 312.287 ms 317.413 ms 322.978 ms
6 above-FranceTelecom.lga5.us.above.net (64.125.13.250) 350.463 ms 294.117 ms 295.380 ms
7 * * *
8 pos0-14-0-0.auvtr1.Aubervilliers.opentransit.net (193.251.131.161) 312.894 ms 307.729 ms 318.022 ms
9 pos0-14-0-0.pastr1.Paris.opentransit.net (193.251.241.166) 339.451 ms 324.007 ms 334.260 ms
10 gi9-0-0.passe2.Paris.opentransit.net (193.251.240.214) 329.143 ms 345.379 ms 350.513 ms
11 * * *
12 195.24.192.3 (195.24.192.3) 507.531 ms 501.119 ms 502.845 ms
13 195.24.193.46 (195.24.193.46) 513.998 ms 525.986 ms 525.943 m

A partir de la ligne 3 on constate que pour arriver à ce site officiel, partant de mon ordinateur, je sors du Cameroun, passe par les Etats-Unis puis par Paris en France, avant de revenir au Cameroun. Dans le monde réel on dirait que pour aller d’un quartier à l’autre de Yaoundé je suis allé passer par Paris !

La messagerie électronique est un autre exemple. Comme nos organisations (aussi bien les entreprises que les ministères) ne mettent pas en place leurs propres serveurs de messagerie, ce sont des messageries électroniques publiques comme Yahoo! ou Hotmail qui sont utilisées par quasiment tous les internautes, y compris par des hauts fonctionnaires pour des courriers officiels. Or, à ma connaissance, ces messageries n’ont pas installé de serveurs en Afrique subsaharienne (alors qu’on en trouve en Asie, en Europe et en Amérique du Nord). Ainsi, lorsque je parle de ma boîtes e-mail, c’est un espace qui se trouve sur un serveur Yahoo ! en Europe ou en Amérique du Nord. Si j’envoie un e-mail à quelqu’un qui est pourtant dans la même ville que moi, ce destinataire doit en réalité se rendre des serveurs situés sur un autre continent pour lire le message.

Ce problème ne serait pas si grave que ça s’il n’y avait autour que cette charge ou portée symbolique (le fait de transiter par Paris pour se connecter à un site officiel comme celui des services du Premier ministre) . Mais, en plus des délais (temps) de connexion forcément plus longs (alors que l’ère du haut débit véritable se fait attendre), son coût est énorme pour nos économies. En effet, l’opérateur national (fournisseur d’accès) qui achemine ce trafic doit payer un coût de transit à son homologue étranger. On estime ainsi à 400 millions de dollars ce que les africains perdent chaque année à cause de cette incongruité.

Pourtant la solution est simple et n’est pas techniquement complexe à mettre en œuvre. Les fournisseurs d’accès doivent s’entendre pour créer des points d'échange InternetW (Internet Exchange Point – IXP) qui serviront à acheminer le trafic Internet national de l’un à l’autre. Plusieurs pays africains ont déjà mis en place de tels systèmes (Kenya, Ghana, Nigeria, Tanzanie, Afrique du Sud, etc.). Vivement que notre pays suivent l’exemple.

A propos des Points d’échange (Wikipédia)

Ceux qui ont des connaissances en réseaux informatiques ont sans doute déjà utilisé une commande qu’on appelle traceroute. Elle sert à montrer l’itinéraire que votre ordinateur empreinte pour arriver sur le serveur où se trouve la page web que vous avez demandée. Depuis mon ordinateur chez moi à Yaoundé, je me suis amusé à taper le traceroute de plusieurs sites officiels dont www.spm.gov.cm (le site web officiel des services du Premier ministre hébergé sur un serveur qui se trouve dans ces services également à Yaoundé). Voici ce que j’obtiens comme réponse :

traceroute to www.spm.gov.cm (195.24.203.47), 30 hops max, 40 byte packets

1 ymsc-bras-1.cm.mtnns.net (41.205.0.122) 10.061 ms 25.864 ms 31.426 ms

2 41.205.0.210 (41.205.0.210) 15.135 ms 19.816 ms 36.513 ms

3 ny-tpr-1–ny-cr-1-a.us.mtnns.net (209.212.127.129) 301.693 ms 306.785 ms 328.225 ms

4 274.ge-1-3-8.mpr2.lga5.us.above.net (208.185.41.243) 333.791 ms 339.795 ms 344.038 ms

5 xe-0-1-0.er2.lga5.us.above.net (64.125.27.65) 312.287 ms 317.413 ms 322.978 ms

6 above-FranceTelecom.lga5.us.above.net (64.125.13.250) 350.463 ms 294.117 ms 295.380 ms

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8 pos0-14-0-0.auvtr1.Aubervilliers.opentransit.net (193.251.131.161) 312.894 ms 307.729 ms 318.022 ms

9 pos0-14-0-0.pastr1.Paris.opentransit.net (193.251.241.166) 339.451 ms 324.007 ms 334.260 ms

10 gi9-0-0.passe2.Paris.opentransit.net (193.251.240.214) 329.143 ms 345.379 ms 350.513 ms

11 * * *

12 195.24.192.3 (195.24.192.3) 507.531 ms 501.119 ms 502.845 ms

13 195.24.193.46 (195.24.193.46) 513.998 ms 525.986 ms 525.943 m

A partir de la ligne 3 on constate que pour arriver à ce site officiel, partant de mon ordinateur, je sors du Cameroun, passe par les Etats-Unis puis par Paris en France, avant de revenir au Cameroun. Dans le monde réél on dirait que pour aller d’un quartier à l’autre de Yaoundé je suis allé passer par Paris !

La messagerie électronique est un autre exemple. Comme nos organisations (aussi bien les entreprises que les ministères) ne mettent pas en place leurs propres serveurs de messagerie, ce sont des messageries électroniques publiques comme Yahoo! ou Hotmail qui sont utilisées par quasiment tous les internautes, y compris par des hauts fonctionnaires pour des courriers officiels. Or, à ma connaissance, ces messageries n’ont pas installé de serveurs en Afrique subsaharienne (alors qu’on en trouve en Asie, en Europe et en Amérique du Nord). Ainsi, lorsque je parle de ma boîtes e-mail, c’est un espace qui se trouve sur un serveur Yahoo ! en Europe ou en Amérique du Nord. Si j’envoie un e-mail à quelqu’un qui est pourtant dans la même ville que moi, ce destinataire doit en réalité se rendre des serveurs situés sur un autre continent pour lire le message.

Ce problème ne serait pas si grave que ça s’il n’y avait autour que cette charge ou portée symbolique (le fait de transiter par Paris pour se connecter à un site comme des services du Premier ministre) . Mais, en plus des délais de connexion forcément plus longs (alors que l’ère du haut débit véritable se fait attendre), son coût est énorme pour nos économies. En effet l’opérateur national (fournisseur d’accès) qui achemine ce trafic doit payer un coût de transit à son homologue étranger. On estime ainsi à 400 millions de dollars ce que les africians perdent chaque année à cause de cette incongruité.

Pourtant la solution est simple et pas techniquement complexe à mettre en oeuvre. Les fournisseurs d’accès doivent s’entendre pour créer des points d’échange (IPX) qui serviront à acheminer le trafic Internet national de l’un à l’autre. Plusieurs pays africains ont déjà mis en place de tels systèmes (Kenya, Afrique du Sud, etc.). Vivement que notre pays suivent l’exemple.

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Commentaires

2 Commentaires

Comments (2)

paulin6 août 2009 à

L’afrique est déja pauvre.Ce payer le luxe de perdre autant d’argent chaque année c’est vraiment désolant.Vivement que nos Etat prennent conscience de cette situation afin de dévélopper des stratégie pour éviter les situations comme celle décrit par cette article.

ndjamus14 janvier 2011 à

une des solutions sera peut etre le matloop
http://www.youtube.com/watch?v=751fyAvSTDc
s’il n’est pas phagocyté par les multinationales qui exploitent deja ce secteur en s’entendant sur les prix pour tuer la concurrence
http://www.zdnet.fr/actualites/orange-sfr-et-bouygues-telecom-condamnes-a-une-amende-record-de-534-millions-d-euros-39291618.htm

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