Halte aux sacs plastiques

Une loi sur la limitation de l’usage, l’importation et la commercialisation des sacs en polyéthylène est entrée en vigueur au Rwanda en juin. Cette loi punit les contrevenants des peines allant de 6 à 12 mois de prison et des amendes de 200 à 1000 dollars.

Les sacs plastiques représentent un risque majeur pour l’environnement et la santé. Constitués de polyéthylène, qui est produit à partir des déchets du pétrole, leur temps de biodégradabilité est de plusieurs siècles ; en d’autres termes, le sol met 400 ans selon les experts à les éliminer ! Des évaluations ont montré que des milliers d’animaux marins meurent en ingérant ces sacs (les dauphins, les tortues ou les baleines les confondraient avec les méduses et meurent étouffés en essayant de les manger). Dans la partie Nord sahélienne du Cameroun, l’on a remarqué que pendant la saison sèche, lorsque l’herbe sèche, les bétails se mettent à ingurgiter ces plastiques qui pullulent dans les villes, déplacés par le vent. Les risques des sacs plastiques pour la santé et l’environnement (sols, nappes phréatiques) ne viendraient cependant pas du polyéthylène dérivé du pétrole, mais principalement des encres et additifs utilisés pour teindre le plastique. Ceux-ci comportent des substances nocives comme le dioxyde de titane, voire des métaux lourds comme le plomb, le chrome, le cadmium, dont la dangerosité pour la santé humaine est largement admise et documentée (cancers, atteinte du système nerveux, etc.).

Si l’on peut se féliciter des mesures d’interdiction ou de limitation prises par le Rwanda, la Tanzanie, l’Afrique du Sud et le Kenya, force est de constater que nombreux pays africains n’ont pas intégré ce problème dans leurs préoccupations. Au Cameroun, des pratiques encore plus dangereuses pour la santé se sont même développées : il arrive fréquemment que ces plastiques soient utilisés pour l’emballage des repas chauds comme les beignets et le couscous (alors que, comme je le faisais observer à l’épouse d’un ami, nos parents utilisaient simplement des feuilles de bananiers). Or, la chaleur de ces mets pourrait conduire à la libération des composés chimiques qui constituent le plastique et qui seront, en même temps, ingérés avec les repas.

Il faudrait donc, dans ces pays, sensibiliser davantage les populations sur les risques sur leur santé et l’environnement, et surtout forcer le recours aux alternatives biodégradables, en explorant une panoplie de mesures incitatives et coercitives (taxation, …) qui ont fait leurs preuves ailleurs.

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Commentaires

2 Commentaires

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corine14 juillet 2009 à

Mon cher François,
Merci pour cet article, car l’urgence est pratiquement signalée à propos des sacs plastiques et il fallait bien que quelqu’un donne le La de la protestation!
a mon sens , il faudrait trouver les voies et moyens de donner une voix encore plus forte à cette alerte aux sacs plastiques dans un pays comme le Cameroun. Car il est de notoriété publique qu’au Cameroun, le bien du consommateur n’est pas la priorité première du gouvernement et encore moins de ceux qui se revendiquent être de la “société civile”. Encore un terme à définir et à quoi trouver un contenu réel…
Encore merci, François pour la pertinence du sujet et à bientôt!

Alfaras18 mars 2010 à

Bonjour,
j’ai lu cet article avec une attention particulière car je suis originaire de ce pays. Je salue ton courage et ta pugnacité. Je vous encourage et je suivrai particulèrement vos articles.
Je vous beaucoup de courage. Une fois de plus, je vous dis merci pour la pertinence de vos articles.

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