Etats-Unis-Chine : une alliance objective contre le climat. Pourquoi un accord contraignant sur le climat n’est pas possible à moyen terme ?

Le 24 décembre 2009 à 17:46

Le Sommet sur les changements climatiques de Copenhague s’est achevé dans une certaine confusion, avec un Accord minimum, non juridiquement contraignant. Il faut souligner que cet accord, dont les contours finaux ont été délimités par la Chine et les Etats-Unis, n’a pas été entériné formellement. A l’heure du bilan, je dirais plutôt que l’intérêt de ce sommet aura finalement été plus géopolitique qu’écologique, car Copenhague a surtout confirmé le poids pris par la Chine (que l’on mesure depuis la crise économique) sur la scène internationale. Désormais, l’axe entre la Chine et les Etats-Unis (que l’on appelle déjà G2) structurera la diplomatie internationale et ses décisions importantes. En tout cas, pour ce qui concerne les négociations sur le climat, le Sommet de Copenhague a clairement montré que leur issue ne dépend plus uniquement que de la position des Etats-Unis mais aussi de celle de la Chine. Or, sous leurs divergences apparentes, ces deux pays ont construit à Copenhague une alliance objective qui a bloqué l’intérêt écologique même de l’accord. Il importe donc de bien comprendre les logiques sous-jacentes, pas toujours affirmées dans les tribunes internationales, qui sous-tendent le tandem Chine-Etats-Unis.
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Crise climatique : une partie d’échecs sans issue ?

Le 8 décembre 2009 à 8:18

N’oublions pas que cette Terre, nous ne l’avons pas reçue de nos parents, nous l’avons empruntée à nos enfants.

Le Sommet des Nations Unies sur les changements climatiques s’est ouvert à Copenhague, avec dans son agenda la négociation d’un accord international qui devra succéder au Protocole de KyotoW expirant en 2012. Après plusieurs mois d’âpres négociations, tant au niveau des experts qu’au niveau politique, et malgré l’impressionnante médiatisation qu’a bénéficié ce sommet, les leaders du monde, ramant souvent à contre-courant de leurs opinions publiques peinent toujours à trouver un consensus sur deux points fondamentaux : les objectifs de réduction des émissions (au moins de 40% d’ici 2020 par rapport à 1990, car pour les scientifiques, en deçà de ce taux on atteindrait le point de non retour avec des effets irréversibles) et l’aide à apporter aux pays en développement (estimée à 110 milliards d’euros par an). On ne peut pas dire, au moment où s’ouvre ce sommet, quelle en sera l’issue. S’il est admis aujourd’hui que « la maison brûle » pour reprendre l’expression de l’ancien Président français Jacques Chirac lors du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002, et que la responsabilité de l’homme est majeure dans ce désastre (il y a donc lieu de se féliciter des progrès dans la prise conscience par rapport à il y a dix ans), les résistances à l’action restent tenaces, aussi bien chez les riches que les pauvres. C’est à une véritable partie d’échecs que semblent s’être engagés les pays de la planète, chacun s’arc-boutant sur des considérations culturelles, géostratégiques ou économiques (qui ne cadrent pourtant pas toujours avec leurs intérêts à long terme).
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Internet en procès en France

Le 30 novembre 2009 à 22:01

Ces dernières semaines, Internet est sous le feu des critiques acerbes de plusieurs hommes politiques et intellectuels français, après une série de scandales et de polémiques dans lesquels la toile mondiale a joué un rôle majeur, mais manifestement peu apprécié par ceux que le « Nouvel Observateur » de cette semaine appelle les procureurs du Web. La virulence des propos qu’ils tiennent étonne autant qu’elle intrigue. Extraits : Internet est «un danger pour la démocratie» pour Jean François Copé, Président du groupe parlementaire du parti majoritaire à l’assemblée, «un début de totalitarisme» pour Henri Guaino, Conseiller du Président, «une poubelle de la démocratie» pour Alain Finkielkraut, philosophe, «la plus grande saloperie jamais inventée» pour Jacques Séguéla, ex Conseiller en communication du Président Mitterrand.

Le fait que ces propos viennent, pour l’essentiel, des élites intellectuelles et des hommes de pouvoir est évidement inquiétant (annoncent t-ils des lois de censure ?), mais, en même temps, aiguille les observateurs médusés comme moi vers leurs motivations profondes. Constatons que dans les polémiques qui suscitent aujourd’hui ce déferlement, Internet aura avant tout joué la fonction classique d’un média en portant à la connaissance du public (avec la puissance et la rapidité de diffusion qui sont désormais la sienne grâce aux réseaux sociaux comme Facebook et Twitter) des informations qui, il faut le souligner, ont été au départ ignorées par les médias traditionnels (télévision, radio, presse) : volontairement ou non ? C’est précisément sur cette question que se situent les enjeux de ce débat.

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Are you in?

Le 14 octobre 2009 à 9:25

En prélude au Sommet de Copenhague, Team Earth (teamearth.com), avec le soutien du célèbre acteur américain Harrison Ford, lance une pétition (Are you in ?) pour une action urgente en faveur de la protection des forêts tropicales, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Team Earth est une initiative de « Conservation International » qui a pour objectif développer un effort collectif, une synergie entre les ONG, le monde de l’éducation et de la recherche et les entreprises pour apporter une réponse globale au défi environnemental auquel est confronté l’humanité. Pour signer cette pétition et la relayer autour de vous je vous invite à aller sur le site : http://www.teamearth.com/blog/entry/saving_our_planer_wont_be_easy_so_i_need_your_help/

Hommage à Teddy

Le 3 octobre 2009 à 14:40

Teddy GoldsmithW, une des figures les plus marquantes du mouvement écologique, s’en est allé le 21 août dernier à l’âge de 80 ans. Militant écologique et naturaliste de la première heure, il fonde la revue The Ecologist en 1969. Il publie le « Le Tao de l’écologie, une vision écologique du monde » (1), une référence dans la critique du modèle philosophique qui a conduit l’humanité dans l’impasse socio-environnementale actuelle.

Cet ouvrage, qui est l’un de mes livres de chevet, est un plaidoyer pour une approche holistique ou systémique du monde, qui considère la Terre, GaïaW, comme un tout vivant. Car pour Teddy, c’est la conception opposée (réductionniste et mécaniste), formulée par Newton, Descartes et les autres, qui a posé les fondations d’une construction socio-économique et culturelle peu respectueuse de tous les autres éléments et composantes de la Vie, entrainant leur destruction (qui, ultimement entrainera d’ailleurs la nôtre !). Il prône également dans ce livre une plus grande considération pour les modèles de pensée des peuples indigènes (appelés primitifs par l’intelligentsia occidentale), dont il assume d’ailleurs le fait d’y tirer son inspiration, car certains de ces peuples ont réussi à vivre en parfaite musicalité avec leur environnement pendant des millénaires. Nous devrions nous ré-approprier ces paradigmes indigènes pour sauver notre planète. Ce point constitue l’une de ses convictions les plus profondes, exprimées tout au long de sa vie.

Goldsmith est resté l’un des tenors du courant écologique conservateur, en phase avec ceux qui considèrent que le concept de développement durable est un compromis politique qui a dévoyé les aspirations écologiques fondamentales.

Je rends ici hommage à ce homme exceptionnel (que certains appellent le « grand-père de l’écologie ») qui a consacré sa vie et sa fortune à la préservation de la nature. Notons que le journal l’Ecologiste du mois de novembre 2009 lui sera consacré.

Homme cherche autre planète à épuiser

Le 26 septembre 2009 à 20:53

Je regardais hier, sur la chaîne de télévision National Geographic, une émission fort intéressante sur le cosmos, ses galaxies, ses étoiles et ses planètes, et surtout ses phénomènes extraordinaires, de part de leur gigantisme et leur puissance, comme les trous noirs et les supernovas. C’est l’un des documents les plus denses que j’ai pu voir sur ce sujet. Je dois dire l’astronomie a été l’une de mes premières passions d’enfance et de jeunesse, car, avec l’esprit quelque peu dans les étoiles (je rêvais de devenir astrophysicien), j’adorais lire des livres sur l’espace, les planètes et la taille, la composition de leur atmosphère, etc.

Mais là n’est mon sujet du jour. Si je vous parle aujourd’hui de cette émission, c’est parce que (sans toutefois remettre en cause la qualité de cette émission très riche et didactique) j’ai été ulcéré par la reprise dans le commentaire, de l’un des objectifs que certains scientifiques et politiques assignent à la « conquête » de l’espace : exploiter (je dirais plutôt mettre la main sur) des ressources naturelles que l’on pourrait trouver sur les planètes ou leurs satellites. En substance, le commentateur explique, par exemple, qu’on trouverait sur Titan, un satellite de saturne, 100 fois plus de gaz liquide que sur la terre et que « l’on pourrait donc y exploiter ce gaz pour chauffer nos villes ». Des visées similaires concernent le fer et le nickel de la planète mars ; certains pensent même faire de la lune une décharge pour la Terre.

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Le virage écolo de mon épicier

Le 31 août 2009 à 18:06

Le matin, sur le chemin du bureau, j’ai pris l’habitude de m’arrêter dans une épicerie pour acheter quelques produits à emporter pour mon petit déjeuner. J’ai toujours refusé systématiquement d’accepter des sacs plastiques comme emballages, préférant les transporter avec mes mains ou dans du papier (alimentaire) ; ce qui a fini par intriguer les employés forts sympathiques qui me servent habituellement. Car visiblement, ils étaient peu informés et sensibilisés sur la problématique de ces sacs plastiques (en particulier, les fameux sacs plastiques noirs à base d’hydrocarbures très répandus au Cameroun). J’ai donc pris le temps de leur expliquer les dangers de ces plastiques non recyclables, aussi bien pour l’environnement que pour la santé (lire le billet que j’ai écrit récemment à ce sujet). Les sacs plastiques (que je refusais obstinément de prendre) sont d’ailleurs devenu le principal sujet de nos échanges quotidiens d’amabilité.

Je voyais bien qu’ils étaient quelque peu gênés de me voir trimbaler des aliments avec mes mains. Mais finalement mon obstination a payé. Car grande et belle a été ma surprise d’arriver là bas ce matin et me voir proposer, comme emballages, des sacs plastiques recyclables (transparents, à base de polypropylèneW) ! Ils m’ont expliqué avoir eu une discussion avec leur patron, qui a finalement été convaincu, au moins de faire quelque chose pour « ce client qui transporte ses produits à la main ».

J’ai voulu partager ici cette expérience pour vous conforter dans l’idée que de petits gestes individuels, bien qu’ils paraissent, pour certaines personnes, tellement insignifiants, sont nécessaires pour contribuer (chacun modestement à son niveau, autour de lui) à la préservation de l’environnement : c’est la somme de ces gestes et engagements personnels qui construira la société verte de demain. Et surtout, ces gestes individuels, lorsqu’ils sont constants, peuvent susciter l’adhésion des autres.

Un portable vert

Le 26 août 2009 à 11:43

portable Samsung ReclaimAprès la firme japonaise de pneumatique Yokohama qui a mit au point un pneu fabriqué à partir d’huile extraite de l’oranger, en lieu et place du pétrole (voir le billet que j’ai fait à ce sujet), c’est au tour du géant sud-coréen de l’électronique Samsung de proposer un téléphone portable (Reclaim) aux multiples « attributs verts » :

  • la coque est constituée à 40% de plastique à base de maïs ;
  • aucun des produits suivants réputés dangereux pour la santé et l’environnement n’est utilisé : cadmium, mercure, chrome, PVC, etc ;
  • il est recyclable à 80% ;
  • l’emballage utilise du papier recyclé à 70% ;
  • la notice complète de l’appareil est en ligne, pour économiser du papier ;
  • le chargeur consomme 12 fois moins d’énergie que ceux disponibles sur le marché ; il émet un signal sonore à la fin de la charge (pour éviter la surchauffe).

Le produit proposé par Samsung n’est pour autant pas un gadget, mais un vrai bijou technologique. Reclain dispose en effet des dernières technologies comme un appareil photo numérique, une puce GPS, un lecteur de carte, un clavier coulissant et la technologie bluetoothW.

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Acheter des produits informatiques verts

Le 11 août 2009 à 21:01

Voici un outil en ligne qui intéressera et aidera sans doute ceux qui sont à la recherche d’appareils informatiques (micro-ordinateurs, portables, imprimantes, etc.) verts : EPEAT (Electronic Product Environmental Assessment Tool http://www.epeat.net/) ou en français « Outil d’évaluation écologique des produits électroniques ». Cet outil, développé par le Conseil électronique vert (GEC) aux Etats-Unis, attribue des médailles (bronze, argent, or) aux appareils en fonction de leur respect des critères environnementaux (une cinquantaine) définis par les fabricants, des associations écologistes, des organismes de protection de la santé, des consommateurs et des spécialistes du recyclage : efficacité énergétiqueW, utilisation de substances dangereuses, recyclage, etc. Les caractéristiques environnementales spécifiques à chaque pays sont en prise en compte dans l’évaluation. Malheureusement, pour le moment, seuls 40 pays sont concernés, dont aucun pays africain.

Aller d’un quartier à l’autre de Yaoundé en passant par Paris

Le 1 août 2009 à 22:17

Ceux qui ont des connaissances en réseaux informatiques ont sans doute déjà utilisé une commande qu’on appelle tracerouteW. Elle sert à montrer l’itinéraire que votre ordinateur emprunte pour arriver sur le serveur où se trouve la page web que vous avez demandée. Depuis mon ordinateur chez moi à Yaoundé, je me suis amusé à taper le tracerouteW de plusieurs sites officiels dont www.spm.gov.cm (le site web officiel des services du Premier ministre, hébergé sur un serveur qui se trouve dans ces services à Yaoundé également). Voici ce que j’obtiens comme réponse :
traceroute to www.spm.gov.cm (195.24.203.47), 30 hops max, 40 byte packets
1 ymsc-bras-1.cm.mtnns.net (41.205.0.122) 10.061 ms 25.864 ms 31.426 ms
2 41.205.0.210 (41.205.0.210) 15.135 ms 19.816 ms 36.513 ms
3 ny-tpr-1–ny-cr-1-a.us.mtnns.net (209.212.127.129) 301.693 ms 306.785 ms 328.225 ms
4 274.ge-1-3-8.mpr2.lga5.us.above.net (208.185.41.243) 333.791 ms 339.795 ms 344.038 ms
5 xe-0-1-0.er2.lga5.us.above.net (64.125.27.65) 312.287 ms 317.413 ms 322.978 ms
6 above-FranceTelecom.lga5.us.above.net (64.125.13.250) 350.463 ms 294.117 ms 295.380 ms
7 * * *
8 pos0-14-0-0.auvtr1.Aubervilliers.opentransit.net (193.251.131.161) 312.894 ms 307.729 ms 318.022 ms
9 pos0-14-0-0.pastr1.Paris.opentransit.net (193.251.241.166) 339.451 ms 324.007 ms 334.260 ms
10 gi9-0-0.passe2.Paris.opentransit.net (193.251.240.214) 329.143 ms 345.379 ms 350.513 ms
11 * * *
12 195.24.192.3 (195.24.192.3) 507.531 ms 501.119 ms 502.845 ms
13 195.24.193.46 (195.24.193.46) 513.998 ms 525.986 ms 525.943 m

A partir de la ligne 3 on constate que pour arriver à ce site officiel, partant de mon ordinateur, je sors du Cameroun, passe par les Etats-Unis puis par Paris en France, avant de revenir au Cameroun. Dans le monde réel on dirait que pour aller d’un quartier à l’autre de Yaoundé je suis allé passer par Paris ! Lire la suite »

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