Le Synode sur la famille : une contribution au débat

Le 13 juillet 2015 à 8:51

Le Synode sur la famille : une contribution au débat« L’avenir de l’humanité passe par la famille », soulignait saint Jean-Paul II en concluant son Exhortation apostolique Familiaris Consortio. Face à la grave crise de cette institution divine, le pape François, en convoquant un Synode extraordinaire puis ordinaire sur la famille, a voulu engager l’Église dans une réflexion sur le défi pastoral de la famille. Comment aller vers les « périphéries humaines », à la rencontre des âmes et des familles blessées par le péché, l’injustice et la misère, pour leur montrer le visage miséricordieux du Christ et l’amour de Dieu ? Mais comment le faire sans pour autant diluer dans les modes culturels, la force du message évangélique qui leur est proposé, et sans altérer la vérité qui, par-delà ces modes, ouvre à l’homme le chemin de la consolation éternelle ?

Répondant à l’appel du Saint-Père à la prière et à l’implication de tous les fidèles, l’auteur tente d’apporter une contribution à ces interrogations décisives pour le processus synodal et pour la pastorale familiale à venir.

Marié et père de famille, François Ossama est formateur de couples. Il a suivi un cycle de formation des personnels des tribunaux ecclésiastiques au Département de droit canonique de l’Université Catholique d’Afrique Centrale. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur le mariage.

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Vient de paraître : Le mariage : un itinéraire de foi

Le 6 août 2013 à 8:03

Le mariage : un itinéraire de foi. Perspectives africainesLorsque les pharisiens, qui voulaient le mettre à l’épreuve,l’interrogent sur la répudiation, le Christ les confronte au dessein originel du Père : « mais, au commencement, il n’en fut pas ainsi » (Mt 19,8). Au moment où l’institution du mariage est à nouveau questionnée, sur son format anthropologique et social (mariage homosexuel, polygamie), sa permanence intrinsèque et son sens social (divorce, unions libres, etc.), ne faudrait-il pas, pour chacune de ces problématiques posées aujourd’hui, en Occident comme en Afrique, suivre le discernement que le Christ propose aux pharisiens sur le divorce ? Qu’en était-il au commencement ?

Cet ouvrage invite à une relecture du mariage à la lumière des Saintes Écritures, pour redécouvrir la dignité plénière du projet matrimonial telle que voulue à l’origine par Dieu, Auteur du mariage. Car, comment sauver l’institution du mariage sans assumer pleinement le sens que son Auteur lui a donné ?

Etats-Unis-Chine : une alliance objective contre le climat. Pourquoi un accord contraignant sur le climat n’est pas possible à moyen terme ?

Le 24 décembre 2009 à 17:46

Le Sommet sur les changements climatiques de Copenhague s’est achevé dans une certaine confusion, avec un Accord minimum, non juridiquement contraignant. Il faut souligner que cet accord, dont les contours finaux ont été délimités par la Chine et les Etats-Unis, n’a pas été entériné formellement. A l’heure du bilan, je dirais plutôt que l’intérêt de ce sommet aura finalement été plus géopolitique qu’écologique, car Copenhague a surtout confirmé le poids pris par la Chine (que l’on mesure depuis la crise économique) sur la scène internationale. Désormais, l’axe entre la Chine et les Etats-Unis (que l’on appelle déjà G2) structurera la diplomatie internationale et ses décisions importantes. En tout cas, pour ce qui concerne les négociations sur le climat, le Sommet de Copenhague a clairement montré que leur issue ne dépend plus uniquement que de la position des Etats-Unis mais aussi de celle de la Chine. Or, sous leurs divergences apparentes, ces deux pays ont construit à Copenhague une alliance objective qui a bloqué l’intérêt écologique même de l’accord. Il importe donc de bien comprendre les logiques sous-jacentes, pas toujours affirmées dans les tribunes internationales, qui sous-tendent le tandem Chine-Etats-Unis.
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Crise climatique : une partie d’échecs sans issue ?

Le 8 décembre 2009 à 8:18

N’oublions pas que cette Terre, nous ne l’avons pas reçue de nos parents, nous l’avons empruntée à nos enfants.

Le Sommet des Nations Unies sur les changements climatiques s’est ouvert à Copenhague, avec dans son agenda la négociation d’un accord international qui devra succéder au Protocole de KyotoW expirant en 2012. Après plusieurs mois d’âpres négociations, tant au niveau des experts qu’au niveau politique, et malgré l’impressionnante médiatisation qu’a bénéficié ce sommet, les leaders du monde, ramant souvent à contre-courant de leurs opinions publiques peinent toujours à trouver un consensus sur deux points fondamentaux : les objectifs de réduction des émissions (au moins de 40% d’ici 2020 par rapport à 1990, car pour les scientifiques, en deçà de ce taux on atteindrait le point de non retour avec des effets irréversibles) et l’aide à apporter aux pays en développement (estimée à 110 milliards d’euros par an). On ne peut pas dire, au moment où s’ouvre ce sommet, quelle en sera l’issue. S’il est admis aujourd’hui que « la maison brûle » pour reprendre l’expression de l’ancien Président français Jacques Chirac lors du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002, et que la responsabilité de l’homme est majeure dans ce désastre (il y a donc lieu de se féliciter des progrès dans la prise conscience par rapport à il y a dix ans), les résistances à l’action restent tenaces, aussi bien chez les riches que les pauvres. C’est à une véritable partie d’échecs que semblent s’être engagés les pays de la planète, chacun s’arc-boutant sur des considérations culturelles, géostratégiques ou économiques (qui ne cadrent pourtant pas toujours avec leurs intérêts à long terme).
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Le virage écolo de mon épicier

Le 31 août 2009 à 18:06

Le matin, sur le chemin du bureau, j’ai pris l’habitude de m’arrêter dans une épicerie pour acheter quelques produits à emporter pour mon petit déjeuner. J’ai toujours refusé systématiquement d’accepter des sacs plastiques comme emballages, préférant les transporter avec mes mains ou dans du papier (alimentaire) ; ce qui a fini par intriguer les employés forts sympathiques qui me servent habituellement. Car visiblement, ils étaient peu informés et sensibilisés sur la problématique de ces sacs plastiques (en particulier, les fameux sacs plastiques noirs à base d’hydrocarbures très répandus au Cameroun). J’ai donc pris le temps de leur expliquer les dangers de ces plastiques non recyclables, aussi bien pour l’environnement que pour la santé (lire le billet que j’ai écrit récemment à ce sujet). Les sacs plastiques (que je refusais obstinément de prendre) sont d’ailleurs devenu le principal sujet de nos échanges quotidiens d’amabilité.

Je voyais bien qu’ils étaient quelque peu gênés de me voir trimbaler des aliments avec mes mains. Mais finalement mon obstination a payé. Car grande et belle a été ma surprise d’arriver là bas ce matin et me voir proposer, comme emballages, des sacs plastiques recyclables (transparents, à base de polypropylèneW) ! Ils m’ont expliqué avoir eu une discussion avec leur patron, qui a finalement été convaincu, au moins de faire quelque chose pour « ce client qui transporte ses produits à la main ».

J’ai voulu partager ici cette expérience pour vous conforter dans l’idée que de petits gestes individuels, bien qu’ils paraissent, pour certaines personnes, tellement insignifiants, sont nécessaires pour contribuer (chacun modestement à son niveau, autour de lui) à la préservation de l’environnement : c’est la somme de ces gestes et engagements personnels qui construira la société verte de demain. Et surtout, ces gestes individuels, lorsqu’ils sont constants, peuvent susciter l’adhésion des autres.

Un portable vert

Le 26 août 2009 à 11:43

portable Samsung ReclaimAprès la firme japonaise de pneumatique Yokohama qui a mit au point un pneu fabriqué à partir d’huile extraite de l’oranger, en lieu et place du pétrole (voir le billet que j’ai fait à ce sujet), c’est au tour du géant sud-coréen de l’électronique Samsung de proposer un téléphone portable (Reclaim) aux multiples « attributs verts » :

  • la coque est constituée à 40% de plastique à base de maïs ;
  • aucun des produits suivants réputés dangereux pour la santé et l’environnement n’est utilisé : cadmium, mercure, chrome, PVC, etc ;
  • il est recyclable à 80% ;
  • l’emballage utilise du papier recyclé à 70% ;
  • la notice complète de l’appareil est en ligne, pour économiser du papier ;
  • le chargeur consomme 12 fois moins d’énergie que ceux disponibles sur le marché ; il émet un signal sonore à la fin de la charge (pour éviter la surchauffe).

Le produit proposé par Samsung n’est pour autant pas un gadget, mais un vrai bijou technologique. Reclain dispose en effet des dernières technologies comme un appareil photo numérique, une puce GPS, un lecteur de carte, un clavier coulissant et la technologie bluetoothW.

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Acheter des produits informatiques verts

Le 11 août 2009 à 21:01

Voici un outil en ligne qui intéressera et aidera sans doute ceux qui sont à la recherche d’appareils informatiques (micro-ordinateurs, portables, imprimantes, etc.) verts : EPEAT (Electronic Product Environmental Assessment Tool http://www.epeat.net/) ou en français « Outil d’évaluation écologique des produits électroniques ». Cet outil, développé par le Conseil électronique vert (GEC) aux Etats-Unis, attribue des médailles (bronze, argent, or) aux appareils en fonction de leur respect des critères environnementaux (une cinquantaine) définis par les fabricants, des associations écologistes, des organismes de protection de la santé, des consommateurs et des spécialistes du recyclage : efficacité énergétiqueW, utilisation de substances dangereuses, recyclage, etc. Les caractéristiques environnementales spécifiques à chaque pays sont en prise en compte dans l’évaluation. Malheureusement, pour le moment, seuls 40 pays sont concernés, dont aucun pays africain.

Aller d’un quartier à l’autre de Yaoundé en passant par Paris

Le 1 août 2009 à 22:17

Ceux qui ont des connaissances en réseaux informatiques ont sans doute déjà utilisé une commande qu’on appelle tracerouteW. Elle sert à montrer l’itinéraire que votre ordinateur emprunte pour arriver sur le serveur où se trouve la page web que vous avez demandée. Depuis mon ordinateur chez moi à Yaoundé, je me suis amusé à taper le tracerouteW de plusieurs sites officiels dont www.spm.gov.cm (le site web officiel des services du Premier ministre, hébergé sur un serveur qui se trouve dans ces services à Yaoundé également). Voici ce que j’obtiens comme réponse :
traceroute to www.spm.gov.cm (195.24.203.47), 30 hops max, 40 byte packets
1 ymsc-bras-1.cm.mtnns.net (41.205.0.122) 10.061 ms 25.864 ms 31.426 ms
2 41.205.0.210 (41.205.0.210) 15.135 ms 19.816 ms 36.513 ms
3 ny-tpr-1–ny-cr-1-a.us.mtnns.net (209.212.127.129) 301.693 ms 306.785 ms 328.225 ms
4 274.ge-1-3-8.mpr2.lga5.us.above.net (208.185.41.243) 333.791 ms 339.795 ms 344.038 ms
5 xe-0-1-0.er2.lga5.us.above.net (64.125.27.65) 312.287 ms 317.413 ms 322.978 ms
6 above-FranceTelecom.lga5.us.above.net (64.125.13.250) 350.463 ms 294.117 ms 295.380 ms
7 * * *
8 pos0-14-0-0.auvtr1.Aubervilliers.opentransit.net (193.251.131.161) 312.894 ms 307.729 ms 318.022 ms
9 pos0-14-0-0.pastr1.Paris.opentransit.net (193.251.241.166) 339.451 ms 324.007 ms 334.260 ms
10 gi9-0-0.passe2.Paris.opentransit.net (193.251.240.214) 329.143 ms 345.379 ms 350.513 ms
11 * * *
12 195.24.192.3 (195.24.192.3) 507.531 ms 501.119 ms 502.845 ms
13 195.24.193.46 (195.24.193.46) 513.998 ms 525.986 ms 525.943 m

A partir de la ligne 3 on constate que pour arriver à ce site officiel, partant de mon ordinateur, je sors du Cameroun, passe par les Etats-Unis puis par Paris en France, avant de revenir au Cameroun. Dans le monde réel on dirait que pour aller d’un quartier à l’autre de Yaoundé je suis allé passer par Paris ! Lire la suite »

L’oranger et le pneu

Le 26 juillet 2009 à 16:43

Roue écoloLe magazine de vulgarisation scientifique “Sciences et Vie” nous apprend que la firme japonaise de pneumatique, Yokohama, vient de lancer aux Etats-Unis une nouvelle gamme de pneus, fabriqués en utilisant de l’huile d’oranger à la place du pétrole ! Les ingénieurs de Yokohama ont mis au point une formule associant le caoutchouc naturel à l’huile d’oranger extraite de pelures d’oranges, et qui remplace à 80% le pétrole habituellement utilisé. Selon la firme Yokohama, au delà du remplacement du pétrole par une ressource renouvelable, le nouveau modèle de pneus a montré une réduction de 20% de la résistance au roulement, ce qui peut améliorer l’économie de carburant d’environ 4%.

En attendant l’évaluation, par des experts indépendants, du bilan écologique des pneus à base d’orangers par rapport à ceux à base du pétrole (car il faut aussi considérer le coût socio-environnemental de la production et du transport des orangers ainsi que du recyclage des pneus), on ne peut que se féliciter de ce pas supplémentaire en direction des éco-produits.

Halte aux sacs plastiques

Le 11 juillet 2009 à 10:55

Une loi sur la limitation de l’usage, l’importation et la commercialisation des sacs en polyéthylène est entrée en vigueur au Rwanda en juin. Cette loi punit les contrevenants des peines allant de 6 à 12 mois de prison et des amendes de 200 à 1000 dollars.

Les sacs plastiques représentent un risque majeur pour l’environnement et la santé. Constitués de polyéthylène, qui est produit à partir des déchets du pétrole, leur temps de biodégradabilité est de plusieurs siècles ; en d’autres termes, le sol met 400 ans selon les experts à les éliminer ! Des évaluations ont montré que des milliers d’animaux marins meurent en ingérant ces sacs (les dauphins, les tortues ou les baleines les confondraient avec les méduses et meurent étouffés en essayant de les manger). Dans la partie Nord sahélienne du Cameroun, l’on a remarqué que pendant la saison sèche, lorsque l’herbe sèche, les bétails se mettent à ingurgiter ces plastiques qui pullulent dans les villes, déplacés par le vent. Les risques des sacs plastiques pour la santé et l’environnement (sols, nappes phréatiques) ne viendraient cependant pas du polyéthylène dérivé du pétrole, mais principalement des encres et additifs utilisés pour teindre le plastique. Ceux-ci comportent des substances nocives comme le dioxyde de titane, voire des métaux lourds comme le plomb, le chrome, le cadmium, dont la dangerosité pour la santé humaine est largement admise et documentée (cancers, atteinte du système nerveux, etc.).

Si l’on peut se féliciter des mesures d’interdiction ou de limitation prises par le Rwanda, la Tanzanie, l’Afrique du Sud et le Kenya, force est de constater que nombreux pays africains n’ont pas intégré ce problème dans leurs préoccupations. Au Cameroun, des pratiques encore plus dangereuses pour la santé se sont même développées : il arrive fréquemment que ces plastiques soient utilisés pour l’emballage des repas chauds comme les beignets et le couscous (alors que, comme je le faisais observer à l’épouse d’un ami, nos parents utilisaient simplement des feuilles de bananiers). Or, la chaleur de ces mets pourrait conduire à la libération des composés chimiques qui constituent le plastique et qui seront, en même temps, ingérés avec les repas.

Il faudrait donc, dans ces pays, sensibiliser davantage les populations sur les risques sur leur santé et l’environnement, et surtout forcer le recours aux alternatives biodégradables, en explorant une panoplie de mesures incitatives et coercitives (taxation, …) qui ont fait leurs preuves ailleurs.

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